Ne commencez pas votre entreprise en cherchant des subventions

Pourquoi le financement public doit-il soutenir une entreprise plutôt que se substituer à elle ?

L'une des premières questions que me posent les personnes qui envisagent de créer leur propre entreprise en Ontario est la suivante : « À quelle subvention puis-je avoir droit ? »

Ma réponse les surprend généralement : ne commencez pas par chercher une subvention. Commencez par votre projet d'entreprise lui-même.

Au Canada, il existe effectivement de nombreux programmes de soutien à l'entrepreneuriat. Des financements peuvent être offerts aux niveaux fédéral, provincial et municipal. Les gouvernements aident les entreprises à innover, à adopter de nouvelles technologies, à former et à embaucher du personnel, à accéder aux marchés internationaux et à développer des projets prometteurs.

Cependant, une subvention doit renforcer une idée d'entreprise viable, et non la créer à la place de l'entrepreneur.

Avant de chercher du financement, je conseille de répondre à plusieurs questions fondamentales. Quel problème votre produit ou service résout-il ? Pour qui ce problème est-il réellement important ? Les gens sont-ils prêts à payer pour la solution proposée ? Quel investissement sera nécessaire pour démarrer ? Quand les premières ventes auront-elles lieu ? Comment l'entreprise générera-t-elle un flux de trésorerie stable ?

Il est tout aussi important de réfléchir aux risques à l'avance. Que se passera-t-il si les dépenses sont plus élevées et les ventes plus faibles que prévu ? Combien de temps l'entrepreneur pourra-t-il soutenir financièrement son entreprise ? Quelles hypothèses peut-on vérifier avant d'investir des sommes importantes ?

Dans mon travail, je suis un principe simple : d'abord évaluer les risques, ensuite envisager la croissance.

L'obtention d'un financement ne garantit pas la réussite d'une entreprise. L'argent, à lui seul, ne crée pas de clients, ne corrige pas une mauvaise politique de prix et ne transforme pas un modèle d'affaires fragile en une activité rentable.

De plus, un financement obtenu trop tôt peut parfois créer une dangereuse illusion : celle que l'entreprise est prête à prendre de l'expansion. L'entrepreneur commence alors à louer des locaux, à acheter du matériel, à embaucher du personnel et à investir dans la publicité avant même que le marché ait confirmé son intérêt pour son offre.

C'est précisément pourquoi le financement public doit être considéré comme un outil permettant de répondre à un besoin précis.

Les programmes fédéraux visent souvent à soutenir l'innovation, la recherche, les exportations, l'emploi et le développement régional. Les programmes du gouvernement de l'Ontario peuvent offrir une aide en matière de formation, de mentorat, d'adoption de technologies et de développement des petites entreprises. Les municipalités, quant à elles, soutiennent les initiatives locales, le tourisme, l'amélioration des quartiers commerciaux et les projets importants pour l'économie de leur ville.

Mais il n'existe pas de « subvention universelle pour créer n'importe quelle entreprise ». Chaque programme possède ses propres objectifs, échéances, critères d'admissibilité et catégories de dépenses admissibles.

Dans certains cas, le financement exige que l'entrepreneur investisse une partie de ses propres fonds ou paie d'abord les dépenses avant d'obtenir un remboursement.

Il faut donc chercher non pas simplement de l'argent disponible, mais un programme qui correspond à un besoin réel de votre entreprise.

Dans cette démarche, le regard indépendant d'un mentor d'affaires est particulièrement précieux.

Je considère qu'un bon conseiller ne devrait jamais promettre à son client : « Je vous trouverai certainement une subvention. » Son rôle consiste plutôt à aider l'entrepreneur à repérer les faiblesses de son projet, à vérifier ses hypothèses, à évaluer son modèle financier et à déterminer si son entreprise est prête à passer à l'étape suivante.

La bonne démarche suit cet ordre : idée, évaluation des risques, validation du marché, modèle d'affaires, prévisions financières, plan d'action — et seulement ensuite, recherche d'un financement approprié.

Parfois, le conseil le plus précieux que je puisse donner à un client est très simple : « N'investissez pas encore votre argent. Vérifiez d'abord si le marché a réellement besoin de votre produit. »

Un tel conseil peut permettre d'économiser bien plus que la subvention la plus généreuse.

Ainsi, si vous envisagez seulement de créer votre entreprise, ne commencez pas par vous demander combien d'argent le gouvernement pourrait vous accorder.

Posez-vous une question plus importante : que dois-je démontrer pour m'assurer que mon idée est viable ?

C'est cette approche qui distingue la simple envie d'immatriculer une entreprise d'une véritable préparation à bâtir une activité durable.

Une subvention peut vous aider à avancer plus rapidement, mais c'est toujours vous qui choisissez la direction à prendre.

Tamila Mukelova

 Coach d'affaires (416) 615-0261

Issue