Canadian Tire supprime des emplois dans le cadre de sa transformation d'entreprise
Canadian Tire a confirmé la suppression d’une partie de ses postes dans les services administratifs. L’entreprise explique ces changements par sa volonté de moderniser ses méthodes de travail et de mieux faire face à l’évolution du commerce de détail. Les employés des magasins ne sont pas touchés par cette vague de suppressions. Canadian Tire n’a toutefois précisé ni le nombre de postes éliminés ni les services concernés.
En mars, l’entreprise a présenté True North, une stratégie de quatre ans prévoyant plus de deux milliards de dollars d’investissements. Elle comprend notamment le développement du programme de fidélité Triangle Rewards, une utilisation accrue des données sur la clientèle et le regroupement de fonctions auparavant réparties entre ses différentes enseignes. La direction espère accélérer les décisions et réduire les tâches en double. Dans le langage des affaires, cela paraît cohérent. Pour les personnes dont le poste disparaît, la réalité est bien différente.
Cette nouvelle m’a particulièrement touché en apprenant ce qui était arrivé à une de mes connaissances. Elle travaillait dans un bureau de Canadian Tire jusqu’en juillet et a récemment reçu un avis de licenciement. Elle possède plus de vingt ans d’expérience dans les achats. Son métier se situe loin des caisses et des rayons : il consiste à choisir des fournisseurs, à planifier les assortiments, à négocier et à comprendre tout le parcours d’un produit jusqu’au magasin.
En apprenant que les emplois en magasin sont épargnés, on pourrait croire que les travailleurs du secteur ont peu à craindre. Pourtant, mon amie ne peut pas simplement accepter n’importe quel poste de vendeuse. Elle doit trouver un emploi qui fasse réellement appel à son expertise en approvisionnement. Ces postes peuvent être moins nombreux et la concurrence, importante. J’imagine la difficulté de refaire son curriculum vitæ après tant d’années et d’expliquer en entrevue la fin d’un emploi occupé longtemps.
Le marché du travail n’apaise guère cette inquiétude. Selon les données publiées le 11 juillet par Statistique Canada, le taux de chômage atteignait en juin 6,9 % au pays et 7,8 % en Ontario. Ces chiffres ne déterminent pas les chances d’une personne, mais rappellent qu’une recherche d’emploi peut prendre du temps.
Canadian Tire parle de son avenir. Moi, je pense aussi aux personnes qui ont contribué pendant des années à le construire. L’expérience de cette professionnelle n’a pas disparu avec son poste. J’espère qu’un nouvel employeur saura en reconnaître la valeur.
Yuri Natchetoi