Trump meets Xi

Trump accueille Xi à Washington

La visite d’État du président chinois Xi Jinping à Washington s’est achevée le 25 septembre. Donald Trump l’a reçu à la Maison-Blanche, tandis que les deux gouvernements ont mis en place des conseils conjoints sur le commerce et l’investissement. Ils se sont également entendus sur des recommandations visant à accorder un traitement tarifaire plus favorable à des marchandises d’une valeur de 30 milliards de dollars dans chaque sens. Il s’agit notamment de produits agricoles et de biens de consommation, mais pas de véhicules électriques chinois.

Pour le Canada, le contraste est frappant. En janvier, le premier ministre Mark Carney a conclu avec Pékin un accord permettant l’entrée au Canada d’un maximum de 49 000 véhicules électriques chinois par année, assortis d’un droit de douane de 6,1 %. En échange, la Chine a promis de faciliter l’accès de son marché au canola canadien et à d’autres produits. Selon Ottawa, ce quota représente moins de 3 % du marché canadien des véhicules neufs.

Trump a ensuite menacé d’imposer un droit de douane de 100 % sur les produits canadiens si le Canada concluait un accord commercial avec la Chine. Cette menace ne signifie pas que ce droit a été appliqué. D’autres droits américains visant certains produits canadiens sont toutefois déjà en vigueur. La Maison-Blanche les attribue aux différends commerciaux avec Ottawa, notamment aux mesures de représailles canadiennes. Il serait inexact d’imputer tous ces droits à l’accord sur les véhicules électriques.

La contradiction était apparue avant même l’arrivée de Xi : Trump a déclaré qu’il ne s’opposerait pas à ce que des constructeurs automobiles chinois ouvrent des usines aux États-Unis, à condition qu’ils embauchent des travailleurs américains. Pour l’instant, il s’agit d’une déclaration concernant de possibles investissements, et non d’un accord sur les véhicules électriques conclu lors du sommet. Les restrictions américaines visant les voitures chinoises demeurent en place.

Washington justifie cette distinction ainsi : des voitures assemblées aux États-Unis y créeraient des emplois, tandis que l’accord canadien ouvre d’abord le marché aux importations. Pourtant, le plan canadien prévoit lui aussi de futurs investissements conjoints et des emplois.

Pour Ottawa, la conclusion est concrète. Les États-Unis sont prêts à négocier avec la Chine tout en marchandant âprement avec leur plus proche voisin. Le Canada devra donc défendre l’accès de ses fabricants au marché américain et évaluer les projets chinois selon les avantages réels et concrets qu’ils apportent aux travailleurs et aux consommateurs canadiens.

Anna Prykhodko

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